da Fabio Cassani Pironti » mercoledì 18 aprile 2007, 23:15
Venerabile Fratello,
sono trascorsi più di due anni dalla pubblicazione di Ordini in ordine; un tempo ragionevole per valutare una prima reazione dei lettori.
Sono stati in molti a scrivermi. Fra tutte le missive, una mi ha colpito per la sua meticolosità: quella dell’Ambasciatore Simonin. Desidero condividerla con gli amici del Forum per la precisione con la quale è stata scritta, che dimostra la competenza del lettore e ricorda l’attenzione che bisogna sempre avere quando si pubblica qualunque scritto. Aggiungo la mia risposta.
Cordiali saluti,
Fabio
« Aubonne, le 13 septembre 2005
Cher Monsieur,
Mon ami et collègue, Monsieur Pierre Blanchard, connaissant mon intérêt pour la phaléristique – je suis président d’honneur de la Société suisse du même nom – m’a très gentiment offert cet été votre ouvrage « Ordini in ordine », paru décembre 2004.
C’est avec un réel intérêt que j’ai pris connaissance de cet excellent manuel et guide à l’adresse non seulement du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège et le SMOM, mais aussi d’un plus large public d’amateurs éclairés. Ce genre d’ouvrage vient en temps opportun, tant la matière qu’il traite – avec compétence et minutie en l’occurrence – est de nos jours ignorée ou du moins mal connue, parfois de ceux-là mêmes qui en ont l’usage professionnel.
Je me permettrai de faire une brève recension de votre livre dans un des prochains numéros du modeste Bulletin de la SSP (Société suisse de Phaléristique), que je vous adresserai le moment venu.
Pour l’heure, je voudrais vous dire combien j’ai apprécié la présentation, la méthodologie et le contenue de votre étude qui, se voulant pratique, atteint parfaitement son objectif. Soyez-en félicité. Votre travail est riche en informations et en détails. Je confesse avoir appris, par exemple, que le scapulaire de l’Obédience du SMOM (que j’ai l’honneur de porter) est surnommé « pazienza » en italien [224] et que l’usage veut que la Garde suisse pontificale donne la préséance à la Benemerenti et à la Pro Ecclesia et Pontifice sur les Ordres pontificaux [145] : Je tombe d’accord avec vous que cette manière de faire n’est pas très « catholique », selon une expression française. Je partage quasiment toutes vos considérations en matière phaléristique, notamment votre vue concernant les miniatures [172] : il est, en effet, de bon ton de n’en porter qu’une seule rangée.
Il y a un seul point dans votre étude qui suscite pourtant une interrogation de ma part et cela concerne la Benemerenti et la Pro Ecclesia et Pontifice qui ont été les deux (hélas ! à mon humble avis) redessinées et « modernisées » sous le Pape Paul VI [11/12]. Vous vous référez à plusieurs reprises à l’ordre de préséance pontifical [1/69] en donnant la préséance à la Benemerenti. Or vous soulignez très justement, dans votre note (67), page 74, que la Benemerenti est accordée aux Gardes suisses après 3 ans de service, alors que la Pro Ecclesia l’est après 6 ans et à condition d’être déjà titulaire de la première médaille. Si l’on suit cette logique, la Pro Ecclesia devrait donc avoir le pas sur la Benemerenti et non le contraire. C’est du moins ce que j’ai personnellement toujours considéré comme correct. Mon père qui était, « inter alia », titulaire de la Pro Ecclesia – ancien modèle – considérait cette croix comme étant un peu la « Médaille militaire » (française) des Souverains Pontifes ! Il en possédait au demeurant des miniatures (à ruban large et à ruban étroit) [55], modèles sans doutes inofficiels, mais assez courants semble-t-il. Comme vous le dites vous-mêmes [90], il n’est pas très harmonieux de porter ensemble de grands modules et des miniatures : à mon sens, il est des circonstances où une légère infraction au règlement est tolérable. Contrairement à la Benemerenti, il est, du reste, étonnant que pour la PEP aucune miniature n’ait été prévue à sa création en 1888.
L’on pourrait aussi discuter, à propos de votre [164], de l’opportunité de porter ou non la rosette (ou le ruban mince, à la française, pour les chevaliers) sur l’habit de ville, en dehors de circonstances de nature publique. Je comprends votre point de vous : j’estime, pour ma part, que le port de l’insigne (rosette) d’un Ordre comme le SMOM, par exemple, lors d’événements privés ou semi-privés, peut avoir valeur de témoignage et offrir précisément une occasion non seulement d’accepter des commentaires, mais d’en faire à son tour.
En vous réitérant mes félicitations pour votre livre, je vous prie d’agréer, Monsieur, les assurances de ma considération distinguée,
Pierre-Yves Simonin
Ambassadeur
Chevalier en Obédience du SMOM
***
Rome, le 16 septembre 2005
À Son Excellence
M. Pierre-Yves Simonin
Ambassadeur de l’Ordre Souverain
Militaire de Malte auprès de l’Organisation
des Nations Unies à Genève
a. Ambassadeur de Suisse
Chevalier en Obédience du SMOM
Aubonne
Monsieur l’Ambassadeur,
Je suis très honoré que Votre Excellence ait trouvé le temps de lire - avec attention et minutie - mon modeste ouvrage Ordini in ordine. Je suis reconnaissant à mon cher ami Pierre Blanchard d’avoir eut la gentillesse de Vous en faire l’hommage. Il m’a beaucoup aidé dans la relecture du texte et je suis heureux d’avoir fait sa connaissance durant mon séjour romain, qui se termine au 1er octobre, devant rentrer au Ministère des Affaires Étrangères à Caracas.
Toutes les observations particulièrement pertinentes que Votre Excellence a relevées dans sa lettre du 13 courant m’ont fait grand plaisir. En effet, l’échange d’opinions - même divergentes - est toujours un moyen de s’enrichir mutuellement.
Pour répondre quant à la préséance que j’ai donné à la Médaille Benemerenti par rapport à la Croix Pro Ecclesia et Pontifice, j’ai retenu la date de fondation : sous Pie VII (1800-1823) pour la première et sous Léon XIII (1888) pour la seconde. Elle est fondée sur un principe cardinal : entre deux décorations du même rang, la préséance est déterminée par la date de fondation. Cela dit, il me faut constater que dans l’Annuaire Pontifical 2005, la Pro Ecclesia et Pontifice est placé la première, ce qui me semble justifié en raison de son titre Pour l’Eglise et le Pontife et je suis prêt à partager votre avis. Je note, toutefois, que dans le même Annuaire une erreur s’est glissée, lorsque l’on lit que les deux médailles ont été créées sous Léon XIII. Pourquoi la Secrétairerie d’État confère l’une ou l’outre, il faudrait poser la question aux responsables.
Eu égard aux miniatures non officielles, je suis d’accord avec Votre Excellence : il faut être tolérant en l’absence de réglementation. Dans mon récent livre Vestire gli onori, (in.edit, Roma 2005), écrit avec Michele D’Andrea, nous suggérons l’adoption des miniatures même quand les statuts de l’ordre ne le prévoient pas. Pourquoi a t’on créé les miniatures, pourrait-on se demander ? Pour adapter les décorations au nouveau vêtement masculin du XIXe siècle, l’habit, plus austère que les redingotes du passé. Dans l’article que j’ai écrit sur Decorazioni sullo smoking, (cfr. Il Mondo del Cavaliere n. 16, Milano 2004), je trace l’évolution de la forme des décorations : Dès la grande croix en toile cousue sur le manteau jusqu’aux rosettes. En conséquence, en suivant cette transformation historique, on peut invoquer des miniatures pour ces « médailles militaires » des Souverains Pontifes.
Je reste de mon avis en ce qui concerne l’usage de la rosette sur la tenue de ville dans la vie privée ; si je vais par exemple au restaurant avec des amis, je n’arbore pas une décoration. Mon opinion est qu’il faut que subsiste, au moins, une semi-officialité dans l’évènement, pas nécessairement public mais d’un certain point de vue, assimilable à une cérémonie.
Je partage l’avis de Votre Excellence par rapport au témoignage, comportement très noble, mais je crois qu’il y a le risque d’être considéré comme prétentieux plutôt que quelqu’un de dévoué, dans notre monde peu intéressé aux valeurs. Il y a bien sure des exceptions, comme dans le cas des Chevaliers Profès de l’Ordre Souverain Militaire de Malte : la rosette indique leur condition et doit toujours être portée ; on peut dire qu’elle est le correspondant du froc ou du clergyman.
Je remercie encore Votre Excellence pour les mots d’éloge immérités qu’Elle m’a adressés et je saisis volontiers cette opportunité pour Vous exprimer, Monsieur l’Ambassadeur, avec mes remerciements renouvelés, l’assurance de ma très haute considération.
Fabio Cassani Pironti »